Le phénomène prend de l'ampleur. Jeudi 27 août 2026, l'aéroport international du Cap-Haïtien a accueilli 161 ressortissants haïtiens en provenance des Bahamas et des États-Unis. Selon les informations disponibles, 116 personnes sont arrivées des Bahamas, tandis que 57 autres ont été expulsées des États-Unis.

Du côté bahaméen, le groupe était composé de 79 hommes, 33 femmes et quatre mineurs. Les autorités des Bahamas indiquent que ces personnes ont été reconduites après leur entrée illégale sur le territoire. Elles ont quitté Nassau à bord d'un vol de Bahamasair à destination du Cap-Haïtien.
Quelques heures plus tard, un second groupe de 57 Haïtiens expulsés des États-Unis, composé de 51 hommes et six femmes, est arrivé à son tour au Cap-Haïtien à bord d'un vol charter. D'après l'Office national de la migration, les profils migratoires étaient différents : certains avaient bénéficié du Temporary Protected Status, le TPS, d'autres du programme humanitaire « Parole », tandis que certains étaient engagés dans des procédures d'asile ou d'autres démarches migratoires.
Une semaine après un premier vol américain

Cette nouvelle arrivée américaine intervient seulement sept jours après un premier vol d'expulsion beaucoup plus important. Le 20 août, 161 Haïtiens avaient déjà été expulsés des États-Unis et accueillis au Cap-Haïtien. Il s'agissait du premier vol charter américain vers Haïti depuis la reprise des expulsions après la fin du TPS pour les ressortissants haïtiens.
Le contraste est saisissant : alors que Washington intensifie les opérations de renvoi, les personnes expulsées retrouvent un pays confronté à une situation sécuritaire extrêmement difficile. Le choix du Cap-Haïtien plutôt que Port-au-Prince illustre lui-même ces difficultés, les opérations américaines évitant actuellement la capitale en raison de l'insécurité.
Au-delà des chiffres, la question du retour
Pour les personnes reconduites, le retour ne se limite pas à un déplacement d'un territoire à un autre. Il signifie aussi retrouver une famille, un logement, un emploi et, pour certains, reconstruire une vie dans un pays qu'ils avaient quitté à la recherche de meilleures conditions.

La situation est particulièrement délicate pour les familles et les mineurs. Lors du vol du 27 août en provenance des Bahamas, quatre enfants figuraient parmi les personnes reconduites. Une semaine auparavant, des femmes et des enfants faisaient également partie des 161 personnes expulsées des États-Unis.
Ces différentes opérations posent ainsi une question qui dépasse le simple cadre migratoire : dans quelles conditions Haïti peut-elle accueillir et accompagner durablement ceux qui sont contraints d'y revenir ?
Alors que les expulsions se poursuivent, le débat porte désormais autant sur le droit des États à contrôler leurs frontières que sur la capacité d'Haïti à offrir aux personnes rapatriées les conditions minimales nécessaires pour recommencer leur vie.








